• Myriam

Observer les vautours

Au détour d’une falaise, ils sont là, juste au-dessus, majestueux rapaces parmi les plus grands d’Europe. Spectacle grandiose, dont ne se lasse jamais !

Au fil de vos balades, n'oubliez pas de levez les yeux, vous les verrez, très certainement !

C'est à Saint May, au sommet du rocher du Caire que l'observation sera la plus spectaculaire...

Réintroduits dans les Baronnies, ce sont quelques 600 vautours qui survolent désormais quotidiennement les gorges de l’Eygues.

Ces immenses rapaces, d'une envergure de près de 3 mètres, offrent une expérience à vivre au moins une fois !


Vautour fauve juvénile


4 espèces de vautours évoluent désormais sur un territoire de plus de 8000 km2, dont le cœur de la colonie se situe dans les gorges de l’Eygues entre St May et Rémuzat.


Un peu d'histoire

Disparues du sud de la France depuis plus d'un siècle, les 4 espèces européennes de vautour sont à nouveau présentes dans le ciel des Baronnies.

En 1996, l’association Vautours en Baronnies lance un programme de réintroduction de Vautours fauves. Belle réussite : 25 ans après, le massif des Baronnies abrite la plus importante colonie de Vautours fauves de l’arc alpin.


En 2004 et après 150 ans d'absence, l'association réintroduit les premiers Vautours moines. L'enjeu est de taille le Vautour moine est une espèce menacée à l'échelon mondial. Les deux premiers poussins naissent, dans les Baronnies, en 2010.

La colonie compte aujourd'hui 10 couples reproducteurs et environ une quarantaine d’individus.


On assiste, depuis peu, au retour spontané du plus petit des vautours méditerranéens, le Vautour percnoptère, attiré par la forte présence des 2 autres espèces. Ce migrateur passe l’hiver en Afrique, au sud du Sahara. Espèce sensible et menacée, la population française ne dépasse pas les 70 couples.


Enfin, le dernier maillon de la chaîne, le Gypaète barbu, est réintroduit en 2016.


Vautour fauve, rocher du Caire, Saint May


Équarrissage : les 4 maillons de la chaîne


Tous ces oiseaux sont des charognards. Ils se nourrissent de cadavres d’animaux issus de la faune sauvage ou des troupeaux domestiques. En assurant leur élimination, ils participent à la prévention de maladies infectieuses par limitation de la dispersion des micro-organismes pathogènes. Le circuit digestif du vautour, est un "cul de sac épidémiologique", il constitue un obstacle à la propagation des virus, bactéries et autres agents infectieux dans le milieu ambiant. Ces oiseaux nécrophages jouent ainsi le rôle important d’éboueurs de la nature.


Le vautour fauve, avec son long cou couvert de duvet blanc est le premier arrivé sur la curée, il se nourrit principalement des parties molles de la carcasse.


Ce n'est qu'après qu'intervient le grand vautour moine (jusqu'à 2,95 m d'envergure !).

Grâce à son bec puissant, il se nourrit des parties plus coriaces, les tendons, le cuir.


C'est ensuite au tour du percnoptère d'intervenir. Plus petit que ses congénères (1,70 m d'envergure toute de même...), il dispose d'un bec très fin et long et termine la carcasse, il fignole ;)

Il n'est pas exclusivement charognard, il complète bien volontiers son alimentation par des insectes, des petits reptiles, des grenouilles, de jeunes oiseaux...


Mais que reste t-il donc au dernier maillon ?

Le Gypaète barbu, se nourrit d'os !

Il peut avaler et digérer un os de 30 cm de long. Pour les os plus long, il utilise la technique du cassage d’os : il transporte l’os dans ses serres, prend de l’altitude et le lâche en visant des zones rocheuses, afin qu’il se brise en morceaux !

Son estomac a un pH de 1, très acide qui lui permet de digérer en moins de 24 heures les matières les plus dures et indigestes pour les autres espèces.


Qui observe qui ? Vautour fauve, très curieux, survolant Rémuzat


Où et comment ?

Le Rocher du Caire est librement accessible à tous, mais la meilleure façon de les découvrir, reste incontestablement la sortie de terrain proposée par l'association Vautours en Baronnies.

Accompagné par un des ornithologues, entrez dans l'intimité de la vie des vautours.

Vous découvrirez les méthodes de réintroduction et de suivi de ces oiseaux.

Vous observerez les vautours posés dans leur nid depuis le bas des falaises, puis partirez pour une balade d'observation des oiseaux en vol sur le plateau du Rocher du Caire.

A l'issue, vous saurez tout sur leur reproduction, leur longévité, le pourquoi de leur morphologie, de leur disparition il y a 150 ans...


Matériel d'observation fourni : jumelles et longue vue.

Périodes :

Juillet - Août : mercredi, jeudi et vendredi Juin, Septembre et à la Toussaint : vendredi

Horaires : de 9h à 12h

Tarifs : 10€/ adulte, 8€/5 à 16 ans, Gratuit - de 5 ans


Réservation obligatoire

En ligne : Office de Tourisme des Baronnies en Drôme Provençale


Sur place : Bureau de Rémuzat

Place du champ de Mars

26510 Rémuzat


Par téléphone avec règlement par CB : 04 75 26 10 35


​Ne partez pas sans avoir visité Saint May !

Ce village si joliment perché, est adossé au donjon de l'ancien château qui fait office de cimetière (classé) auquel on accède par des ruelles étroites et des escaliers.


Le village de Saint May



Mais non, nous n'avons pas plumé un oiseau !

Ces plumes sont celles récoltées par les ornithologues sur les lieux de nourrissage ;)




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